Ce 18 décembre marque une double célébration dans le cœur des amateurs de football guinéen. D’un côté, le 48ᵉ anniversaire du triplé continental réalisé par le Hafia FC en 1977, un exploit inégalé. De l’autre, le souvenir de la première participation de la sélection nationale des « Petits Poteaux » à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Côte d’Ivoire, où le Syli National, tombé les armes à la main en finale face au pays organisateur, était rentré fièrement avec la médaille d’argent.

Pour commémorer cet héritage glorieux, une série d’activités est organisée aujourd’hui à Conakry. L’objectif est clair : faire connaître à la nouvelle génération le passé prestigieux du football guinéen et les légendes qui ont inscrit durablement le pays dans l’histoire du football continental. Les anciennes gloires du Hafia 77, véritables piliers de cette épopée, sont au centre des hommages.
Parmi les symboles vivants de cette transmission familiale et sportive figurent les frères Sylla. D’un côté, Mamadou Sylla, joueur et héritier direct, qui porte fièrement sur son maillot le numéro emblématique de son défunt père, Morcire Sylla. Ce dernier, athlète complet, fut l’un des artisans du triplé africain du Hafia FC (alors connu sous le nom d’Hafia de Dixinn), club vert et blanc de Dixinn qui régna sur le continent en 1977. De l’autre, Mohamed Ben Sylla, Team Manager du Syli Boundess et homme à tout faire du football guinéen, qui veille dans l’ombre au bon fonctionnement de la sélection.

Leur histoire personnelle s’entrelace avec la grande Histoire. Morcire Sylla, triple champion d’Afrique des clubs, a transmis à ses fils bien plus qu’un nom : une passion, un engagement et un devoir de mémoire. Aujourd’hui, l’un évolue sur le terrain, perpétuant la tradition ; l’autre œuvre en coulisses pour construire l’avenir. « La légende continue », peut-on lire dans les milieux footballistiques, où leur parcours est salué comme un exemple de fidélité et d’engagement.

Les activités prévues à Conakry – expositions, témoignages d’anciens joueurs, rencontres avec les jeunes – visent à raviver cette flamme. Il s’agit de rappeler que le football guinéen a connu des sommets, et que les valeurs de travail, de sacrifice et d’excellence qui ont porté le Hafia 77 et le Syli de 1976 sont plus que jamais d’actualité.

Alors que le pays regarde vers l’avenir avec de nouvelles ambitions footballistiques, ce 18 décembre sert de pont entre les époques. Un hommage appuyé est rendu à ces pionniers, et particulièrement aux frères Sylla, qui incarnent, chacun à leur poste, la permanence de l’esprit conquérant du football guinéen. Bravo à eux, et longue vie à la légende.
Hady Diallo






